La polémique enfle autour de la lettre de Guy Môquet.
De qui se moque-t-on ?
Qui se moque de qui ?
Une partie des profs qualifiés de gauchistes par des droitistes indique refuser de lire la lettre qui leur est dictée non pas par l'auteur mais par un usurpateur d'idées.
"Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves. Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh..."
Ceci est le chant des partisans, plus exactement celui chanté par les FTP de France, camarades de Guy Môquet pendant la guerre 39-45...
Et voici la lettre telle que les profs seraient obligés de lire au nom de l'Education comme de notre devise agonisante Liberté Egalité Fraternité.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
Le problème de fond est dans la forme qu'on lui donne, comme on a avant cette lettre, inculqué dans les têtes de petits Allemands au nom du National Socialisme et ensuite de petits Français au nom de Travail Famille Patrie...
Des idées détournées de leur fond par la forme qu'on leur a donnée au nom de la vérité...
Alors voici ce que Guy pourrait nous écrire aujourd'hui :
Aux Français,
Je suis mort pour la France ! Ce que je vous demande, toi en particulier mon peuple, c’est d’être courageux. Je l’ai été et voudrais l’être autant que ceux qui sont passés avant et après moi. Certes j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout cœur c’est que ma mort ait servi à quelque chose, sauf à être exploitée en mon nom par quiconque, même par un communiste.
Je ne veux pas que mon nom soit exploité au nom de la même propagande pour Neuilly comme pour Vichy.
Ni même par un ordre nouveau comme au temps de l’ordre nazi qui m’a fusillé parce que je me battais pour la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Je me suis battu avec courage contre l’oppression comme mes camarades du plateau du Vercors qui plus tard ont été trahis depuis Londres pour être anéantis.
Un dernier appel à tous, et à mon peuple que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard son maître.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernères pensées : Vous tous qui restez, résistez comme je l’ai fait, soyez dignes de nous, plus que les 27, qui sommes morts pour que jamais plus un homme fasse une Démocratie Nationaliste Sociale !
A bon entendeur... |